Interview V: l’Atelier de l’Ongle

19 avr 2012  |  HISTOIRE DE MODE, Interviews
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Cette rencontre est un peu différente des autres car je n’ai pas réalisé cette interview au cours de la soirée Instant de filles. Malheureusement je n’ai pas eu le temps de faire connaissance avec toutes les personnes présentes ce soir-là et puis il faut dire que Julie a passé toute la soirée à réaliser des manucures au vernis permanent
Pour rencontrer Julie de l’Atelier de l’ongle, j’ai décidé de prendre un RDV pour une manucure – tant qu’à faire!! – et de profiter de l’occasion pour en savoir d’avantage sur son activité…J’aime bien faire d’une pierre deux coups…

Je me rend au domicile de Julie avec un objectif: ressortir de là avec des ongles parfaits. Tout ceux qui me connaissent le savent; je suis une rongeuse d’ongle née, je pense que je me ronge les ongles, euh… depuis que j’ai des dents, alors vous imaginez le désastre ?!! Après avoir tout essayé pour arrêter, je tente une autre approche. Je vais essayer les faux-ongles en me disant que j’aurai de si belles mains que cela me coupera l’envie d’y toucher!!

Je lui confie mes mains en commençant l’interview…

Julie, que peux-tu me dire sur ce métier? As-tu suivi une formation spécifique de manucure?

J’ai commencé par le CAP Esthétique et ensuite je suis entrée dans une Ecole d’esthétique. J’ai suivie le cursus traditionnel. Le côté stricte de cette école ne me convenait pas, je trouvais que les formateurs, qui étaient tous issus de la vieille école -40,50 ans-, manquaient cruellement d’ouverture d’esprit. C’est pour cela que j’ai souhaité trouver une sorte de « filiale de l’esthétique ». Pendant un de mes stages, j’ai découvert la prothésie ongulaire et cela m’a beaucoup intéressé. Il y avait ce côté créatif qui me plaisait tant, sûrement car la personne pour qui je travaillais adorait son métier et j’ai été contaminé. Souvent on dit que le bonheur c’est contagieux, dans mon cas c’est plutôt la passion des ongles qui a été contagieuse!!

C’est à ce moment là que tu as trouvé ta voie?

Oui, on peut dire que j’ai eu une sorte de révélation liée à mon stage chez cette prothésiste ongulaire. Elle m’a transmis sa passion. Etant donné que je travaillais pour un distributeur de produit, j’ai eu la chance, durant mon apprentissage, de découvrir toutes les nouveautés, de les expérimenter, d’apprendre les nouvelles techniques. Les ongles c’est un peu comme la mode, il faut rester à la page pour ne pas être dépassé. Ensuite, pour le même employeur je suis devenue formatrice. Donc là c’est une autre histoire, j’avais pas mal de pression, lorsque je rentrais chez moi le soir, j’avais l’esprit occupé et au final je ne parvenais pas à lâcher prise. J’ai donc arrêté le métier de formatrice pour faire un break.

Et qu’as-tu fait pendant ton break?

Plein de choses, j’ai été employé dans la restauration, j’ai pris des cours du soir, c’est une période de ma vie où je me cherchais complètement, je n’étais sûre de rien, je ne savais pas du tout dans quelle direction aller… Au cours de ces expériences diverses et variées, j’étais certaine d’une chose: je ne voulais plus être employé de qui que ce soit. C’est à ce moment là que j’ai décidé de m’installer en tant que prothésiste ongulaire. Grâce au statut d’auto-entrepreneur je pouvais cumuler cette activité plus un deuxième emploi ce qui étais très important pour moi. Je pense que je ne me serais pas lancée si ce statut n’avait pas existé.

As-tu été encouragé par ton entourage pour te mettre à ton compte?

Oui et non, mon entourage m’a prévenu: « tu sais avec toutes les personnes qui font ça aujourd’hui, la concurrence est rude, ce n’est peut-être pas un bon créneau ». Le problème c’est que le métier de prothésiste ongulaire vient juste d’être référencé par l’ANPE. Pour la petite histoire le vrai terme c’est « prothésiste ungulaire » mais à cause d’une mauvaise prononciation, c’est devenu « prothésiste ongulaire », et puis finalement ce terme est trop médical, alors c’est devenu styliste ongulaire. Personnellement, je trouve que cela discrédite la profession. Le vrai problème, à mon avis, c’est que n’importe qui peut exercer ce métier car il n’est pas règlementé. Pour s’installer à son compte il suffit d’avoir une attestation de formation – ce que n’importe quel centre de formation délivrera dès l’instant où tu paies- Tout le monde s’improvise formatrice, styliste ongulaire sans savoir maîtriser les techniques de bases. Alors oui il y a de la concurrence mais moi je n’ai pas été formé en quinze jours mais en six ans alors je pense que je connais mon métier sur le bout des doigts, contrairement à tous ces imposteurs!!

Quelles sont les prestations que tu proposes? Peux-tu m’en dire plus sur le vernis permanent?

Je propose des manucures à base de gel ou de résine, le modelage sur papier ainsi que la pose de vernis permanent. Le vernis permanent c’est une vraie révolution pour les professionnelles du métier car en manipulant du dissolvant et de l’acétone, le vernis ne bouge pas. C’est un ibride entre le gel et le vernis qui résiste à tout, il a une duré moyenne de trois semaines. Lorsqu’on l’applique sur l’ongle, chaque couche doit sécher séparément sous la lampe à UV. Le deuxième avantage, et pas des moindres, c’est qu’il n’abîme pas l’ongle car il ne nécessite aucune action mécanique. Dès l’instant où l’on ponce l’ongle pour que la résine ou le gel adhère mieux, il s’agit d’une action mécanique. Dans le cas du vernis permanent aucune action mécanique n’est requise ni pour la pose ni pour retirer le vernis. De ce fait, l’ongle naturel ne souffre pas et le client non plus. Je trouve que c’est un bon compromis pour les personnes qui ne veulent pas de faux-ongles mais qui souhaitent avoir un vernis longue durée sans trop s’en occuper.

Si je comprend bien, cela signifie que je vais souffrir?

Souffrir n’est pas le bon mot. Ton cas est un peu spécial car tu as les ongles tellement courts que je suis obligée d’utiliser le modelage papier pour appliquer le gel. Lorsque le gel sèche sous la lampe à UV, cela comprime les keratines de l’ongle ce qui provoque une légère douleur.

Comment parviens-tu à développer ta clientèle en travaillant chez toi?

Au début j’ai tout essayé: flyers dans les boîtes aux lettres, encarts publicitaires dans des magazines. Résultats des courses: je me suis ruinée pour très peu de retombées. Alors j’ai opté pour la meilleure des publicités gratuites: le bouche-à-oreille et j’ai remarqué que c’était le meilleur moyen de développer ma clientèle. Je participe également au salon de la beauté, au salon du cadeau basque, à la soirée Instant de filles. Je suis meilleure pour parler de mon activité lorsque je suis installée à ma table de travail. Concernant le fait de travailler à domicile, j’ai fait ce choix car je trouve cela extrêmement confortable surtout lorsque mes journées ne sont pas remplies.

Merci Julie pour mes mains de star!! Moi qui voulais un résultat naturel je suis comblée!!

Et avez-vous déjà testé le vernis permanent? J’aimerai avoir votre point de vue étant donné que je n’ai pas pu le tester moi-même!!

Ce résultat fabuleux pour la modique somme de 30€, je trouve que c’est un coût tout à fait raisonnable car Julie a passé plus d’une heure et demie sur mes dix bouts d’ongles. Vous allez me dire que j’aurai pu mettre une photo avant/après comme pour le coiffeur sauf que j’avais trop honte… voilà qui est dit…

Bon, sur ce, je vous dit à très vite, enfin à demain quoi…

2 Comments


  1. Moi j’ai testé le vernis permanent et franchement c’est top ! L’ongle est solide, le vernis ne bouge pas ! Et je parle en tant que professionnelle qui utilise mes mains tous les jours, je fais des massages, j’utilise de l’huile je me lave les mains toutes les heures !!! Et si mon ongle n’avait pas poussé j’aurais pu le garder plus longtemps que 3 semaines c’est certain !! Julie fait vraiment du bon Taf ça c’est clair et en plus elle est coooool !

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